Sélectionner une page
Quand rassurer ne fonctionne pas : un autre regard sur les élections européennes

Quand rassurer ne fonctionne pas : un autre regard sur les élections européennes

Le soir du 26 mai, les Français découvrent avec surprise les résultats des élections européennes. Au-delà des commentaires politiques, que se passe-t-il si l’on analyse certains points de ce scrutin selon une logique systémique, en termes d’interactions, selon le modèle de l’Ecole de Palo Alto ?

Que nous apprennent les surprises de cette élection ?

Première surprise, la participation au scrutin : en France, une participation électorale dépassant toute attente (51%), en nette hausse par rapport au scrutin précédent (42,6%). C’est vrai aussi au niveau européen, et notamment dans des pays où le rôle de l’Europe est controversé : le fait de participer à l’élection n’indique donc pas nécessairement une adhésion à l’Europe, mais la conscience d’un enjeu.

Deuxième surprise, des scores supérieurs aux pronostics pour certains partis, en particulier le Rassemblement National de Marine Le Pen (RN) et Europe Ecologie Les Verts (EELV). Dans ces deux partis, on se réjouit, on se félicite, et la une des quotidiens met Europe Ecologie en avant : si l’on est désormais habitués à voir Marine Le Pen dépasser les pronostics, ce n’était plus le cas des Verts depuis 2009. 

Troisième surprise, des contre-performances pour d’autres partis, comme Les Républicains ou La France Insoumise.

Une différence qui crée la différence

Au-delà de leur score absolu, on note que pour chaque parti, ce qui retient l’attention et donne l’impression d’un succès ou d’un échec, c’est la différence avec les scores précédents, et surtout avec le score attendu.

Ce qui est très humain : courir le 100 m en 12 secondes serait pour moi une prouesse, pour le champion du monde de sprint, ce serait une catastrophe. On retrouve ici la définition de l’information selon Gregory Bateson, père l’école de Palo Alto : « une différence qui crée une différence »

Inquiéter ou rassurer, tout est question de posture

Jusqu’ici, tout va bien

Vous avez de bonnes raisons d’être inquiets

Alors, comment l’ex-Front National et Les Verts ont-ils créé la différence à ce scrutin européen, avec des visions du monde radicalement opposées ?

Pour le comprendre, cherchons un thème commun à leurs positionnements : ces deux partis tirent une sonnette d’alarme. Et comme ils sont depuis toujours dans l’opposition, ils considèrent que les responsables des problèmes sont les détenteurs du pouvoir, politique et économique.

Ces deux partis alertent donc les électeurs sur le fait que les institutions et partis au pouvoir ne les protègent pas contre différents périls — la financiarisation de l’économie, l’incivilité, les inégalités, la désertification des campagnes, l’immigration ou le changement climatique.

Attention, pas question de faire un amalgame ! Sur le fond, le discours de ces deux partis est très différent, tant sur la nature des dangers mis en avant, que sur celle des remèdes. Mais l‘Ecole de Palo Alto nous apprend que tout discours contient le niveau du contenu, et celui de la relation. Au niveau de la relation avec l’électeur, Le RN et les Verts adoptent une posture qui dit : « Vous avez de bonnes raisons d’être inquiets. » 

Certes, il proposent aussi des solutions, mais comme ils ne sont pas en position de remporter cette élection, c’est avant tout sur l’alerte qu’ils se positionnent… Alors que les partis de gouvernement, doivent paraître rassurants.

Je suis là pour vous protéger, rassurez-vous !

Les partis dits « de pouvoir », comme La République en Marche, tiennent un discours différent. Depuis des années, ils sont habitués à rassurer les électeurs. Ce qui paraît logique quand on tient le gouvernail, ou quand on cherche à le reprendre : un capitaine de bateau ne peut pas dire à ses passagers « Tout va mal, vous devriez être inquiets. »

De même, un parti qui cherche à reconquérir un pouvoir perdu, comme Les Républicains ou le Parti Socialiste ne peut pas non plus inquiéter à l’excès ses électeurs, car il avouerait ainsi ne pas avoir de solutions.

Lorsque l’on veut gouverner, donc occuper une posture de père de la Nation, il est normal d’être rassurant, de chercher à donner confiance.

Ainsi, la lettre adressée à la Nation par le Président de la République, juste avant les élections européennes, explique que si l’Europe est en danger, à cause du Brexit, les citoyens sont en sécurité — grâce à une série de mesures qu’il compte prendre. Toutes sont des variantes sur le thème de « rassurez-vous » : créer un Conseil de Sécurité européen, protéger la démocratie face au numérique, protéger l’Europe face à la concurrence, mettre en place un bouclier social, etc.

Le Président est bien dans son rôle, avec une posture de l’ordre de « Rassurez-vous, je suis là vous protéger. » Mais rassurer les gens qui ont peur, ça marche ? Oui et non, ça dépend.

Quand rassurer les électeurs ne fonctionne pas

 

Mais de quoi as-tu peur ?

Rassurer, une solution logique… ou pas

Face à quelqu’un qui a peur et que l’on veut rassurer, la démarche logique consiste à chercher des arguments rationnels. Si vous entendez un bruit dans votre grenier, il peut être très efficace de se rassurer en se disant « Ne t’inquiète pas, ce n’est qu’un chat. »

Ainsi, face aux inquiétudes des électeurs, le parti du Président de la République oppose des arguments logiques, en faisant la liste des mesures qui vont améliorer la situation. Et d’ailleurs, 22% des Français y ont souscrit et voté pour sa liste. Ce qui laisse tout de même beaucoup de gens qui ne se sont pas sentis rassurés. Et qui n’ont guère pour autant voté pour les autres partis « de gouvernement », LR et le PS? qui n’ont fait que 15% à eux deux. 

Nous vivons des temps où beaucoup de citoyens ont peur : de la mondialisation, de la finance, de la crise, du chômage, de la robotisation, de Big Brother, du changement climatique, des immigrés, de la hausse des prix du pétrole. Nos propres peurs nous paraissent légitimes, celle des autres irrationnelles : il est alors tentant d’argumenter plutôt que d’écouter. Et manifestement, cela ne fonctionne pas très bien.

 

Arrête de me rassurer, tu me fais peur !

Imaginez-vous la nuit dans une maison isolée.  Vous entendez un bruit répété dans le grenier, de plus en plus fort, et la personne qui est avec vous répète « Il n’y a rien, dors ! » Vous sentez-vous rassuré ? Peu probable. Il y a même des chances que vous vous sentiez encore moins en sécurité. La peur est un signal d’alarme, si elle n’est pas entendue, elle grossit.

Quand le Président cherche à rassurer les Français, beaucoup ne se sentent pas entendus. Certains mettent en place des actions violentes, qui inquiètent à leur tour. cLe pays termine divisé entre ceux qui ont peur de l’avenir, et ceux qui ont peur de ceux qui ont peur. 

Les mesures annoncées par le Président, qui mettent l’accent sur la façon dont il va protéger les citoyens, renforcent l’idée d’un danger. Comme si vous vous réveilliez un matin avec des soldats armés devant chez vous, vous expliquant qu’ils sont là pour vous protéger : inquiétant, non ?

On arrive ainsi à un cercle vicieux : « Plus tu as peur, plus je te rassure, et plus je te rassure, plus tu as peur. »

Je veux qu’on m’écoute !

Rejoindre la peur des électeurs : écoute ou manipulation ?

Ainsi, quand le Président dit aux Français « Je suis là, rassurez-vous », il applique une solution logique — qui fonctionnait mieux à l’époque lointaine où les électeurs avaient plus facilement confiance dans ceux qui les dirigent. Aujourd’hui, ce discours « rassurant » ne fait que rendre la majorité encore plus méfiante.

Or les citoyens inquiets trouvent facilement des oreilles pour les entendre, notamment sur les réseaux sociaux, où se produit un phénomène d’amplification de la peur. De sorte qu’ils  préfèrent aller voter pour les Partis qui disent ouvertement qu’il y a de bonnes raisons de s’inquiéter, qui leur donnent l’impression d’être entendus, et qui leur servent de porte-parole. C’est la nature du vote dit « protestataire », un vaste appel au secours qui dit : « J’ai peur, est-ce que quelqu’un va m’entendre ? »

Le problème, hélas, c’est que de multiples partis et chefs en tous genres, au cours de l’Histoire, ont toujours su écouter la peur des citoyens, lui faire écho, pour les attirer dans toutes sortes de dictatures et catastrophes. Rejoindre l’autre dans sa peur fait partie de toute communication efficace… que l’on peut aussi mettre au service d’intentions louables.

 

Solution à 180 degrés : moi aussi, j’ai peur !

 Dans un ouvrage magnifique1 Howard Buten, clown et thérapeute d’enfants, raconte l’histoire d’un éducateur qui accompagne le jeune Gilbert, diagnostiqué autiste et terrorisé par l’eau. Au lieu d’essayer de le rassurer, en vain, l’éducateur finit par faire le contraire : à la piscine, il se met à hurler que l’eau est trop froide, qu’il a peur d’y aller. En stratégie de communication selon Palo Alto, on appelle cela faire un 180 degrés : quand une « solution » ne marche pas, mieux vaut parfois faire exactement l’inverse.

Du coup, l’enfant pourtant apeuré se retrouve à rassurer l’adulte, et le pousse à entrer dans le bain : « Vas-y, sinon tu vas passer pour un bébé ! » Mais l’adulte insiste, il a trop peur, il n’ira pas dans l’eau, sauf si Gilbert l’accompagne et le tient très fort. L’enfant accepte, et l’éducateur s’agrippe à lui, jusqu’à ce que l’enfant lui demande de le lâcher. « Tu crois ? Je ne suis pas sûr » répond l’éducateur. « Mais si ça va, lâche » répond le petit Gilbert — qui à force de rassurer cet adulte, finira par se débrouiller tout seul dans l’eau, pour la première fois de sa vie.

 

Churchill à 180 degrés : du sang et des larmes

Il est difficile d’imaginer un Président manifester sa peur de l’avenir devant ses électeurs : ce n’est pas une posture très jupitérienne.

Pourtant, d’une certaine manière, c’est ce qu’à fait Winston Churchill, dans un discours célèbre au début de la seconde Guerre Mondiale. En prenant le contre-pied de ce qui aurait été un discours naturel, optimiste, Churchill promet à ses concitoyens : « Du sang, de la peine, de la sueur et des larmes. » Même De Gaulle a souligné, lors de ses tous premiers appels à résister, les sacrifices que nécessiteraient une guerre mondiale. Evidemment, il est plus facile d’appeler au sacrifice lorsque l’on a un ennemi, ce qui peut aussi fournir des des moyens de nous manipuler.

On en retient que pour un pays comme pour une personne, affronter ses peurs est souvent plus efficace qu’essayer de les nier. Et ce peut être une occasion de grandir, en méditant cette parole de Jung : « Trouvez ce dont vous avez le plus peur, et vous saurez de quoi sera faite votre prochaine étape de croissance. »

1Howard Buten, Quand j’avais cinq ans je m’ai tué, Seuil 1981.

Et vous, quand on essaye de vous rassurer, ça marche ou ça vous fait encore plus peur ?
Cet article vous a plu, stimulé ou agacé ? Vos commentaires sont bienvenus.

Peur de l’échec : que faire quand on entend « ça ne marchera pas » ?

Peur de l’échec : que faire quand on entend « ça ne marchera pas » ?

La peur de l’échec accompagne toute nouvelle aventure. On est alors vulnérable aux voix qui disent « C’est impossible, tu n’y arriveras pas. » Des voix issues de notre entourage ou de nous-même, parées de bonnes intentions : « Je dis ça, c’est pour ton bien ». Elles peuvent contenir des mises en gardes utiles. Alors, faut-il en tenir compte, et comment ?

Peur de l’échec : que révèlent les conseils de l’entourage ?

Au démarrage de nouveaux projets ou relations, j’ai entendu toutes sortes de conseils m’invitant à renoncer pour éviter un échec. Décryptage de quelques exemples.

Créer son entreprise : ce que nous apprennent les peurs des autres

 

Repérer quand l’autre parle de ses propres peurs

Lorsque j’ai quitté un job sécurisant pour passer à mon compte, plusieurs collègues m’ont prédit l’échec. L’un d’eux m’a dit d’un ton grave : « C’est une bonne idée, je voulais le faire moi-même. Mais j’ai réalisé que ça ne peut pas marcher. Je vais t’expliquer pourquoi. » En fait, ses arguments n’étaient pas très concrets, et ne s’appliquaient pas à ma situation. Il exprimait surtout sa propre peur de l’échec.

Ecouter ceux qui nous connaissent 

A l’inverse, une amie ayant créé avec succès son entreprise, m’a averti du risque d’échec si je lançais une activité purement commerciale : « Je te connais bien, dans ce secteur, tu vas manquer de stimulation intellectuelle. » En effet, ce volet de mon affaire a végété et j’ai fini par l’abandonner, pour réussir dans la partie conseil.

 

Apprendre de l’expérience des autres

Alors que je préparais un projet dans le domaine associatif, un dirigeant travaillant dans le même secteur m’a prédit un échec : « Nous avons essayé de développer cette activité, mais ça ne peut pas marcher dans le contexte actuel. »  Il m’a donné des arguments concrets. Même si son pessimisme était désagréable, je l’ai écouté avec attention, et j’ai ensuite cherché des moyens d’éviter les risques qu’il avait mentionnés. 

Apprivoiser l’échec mène à la réussite

Plus étonnant, un collègue m’a encouragé à me lancer, malgré son propre échec : « J’ai quitté mon poste de chercheur pour reprendre une ferme dans les Cévennes. J’ai travaillé comme un fou, je ne m’en suis pas sorti et je ne supporte plus l’odeur des moutons. Mais j’ai appris beaucoup de choses, et surtout j’ai compris que j’aimais la recherche. J’ai retrouvé un poste de chercheur, et je me sens à ma place. » Sa conclusion : « Lance-toi, et même si tu échoues, tu apprendras à te connaître et tu ne passeras pas toute ta vie avec des regrets. » Ici on voit la différence entre un renoncement non assumé (je voulais le faire mais je n’ai pas osé), et un échec apparent, vécu comme une expérience d’où l’on sort en paix avec soi-même — ce qui incite à encourager les autres.

Devenir un artiste : peur de l’échec… et de la réussite

Tenir compte du parcours de l’interlocuteur

Une de mes amies s’est lancée dans la musique avec l’envie de chanter en public. Sa voix et ses mouvements étaient bloqués par le trac, elle a donc décidé de prendre des cours pour améliorer ses prestations scéniques.

Un autre musicien a essayé de l’en dissuader : « On a une présence scénique ou pas. Aucun cours, méthode ou exercice n’y changera rien. » Pourtant, bien des artistes ont enchaîné les bides avant d’apprivoiser leur peur de la scène. Mais quel est le parcours de ce chanteur pessimiste ? Lui-même ne monte plus sur scène depuis des années, il ne travaille qu’en studio…

De mon côté, il m’est arrivé de tenir des propos pessimistes à d’autres personnes, sur des projets sur lesquels j’avais échoué, et qui me restaient « en travers ». Indiquant que finalement, c’est surtout moi qui avait besoin de tirer des leçons de tout ça.

Comme le montrent ces différents exemples les succès, et même les échecs assumés, amènent plutôt à encourager les autres. Les personnes qui nous découragent sont peut-être en train de projeter sur nous le regret des rêves qu’elles n’ont pas réalisé, ou d’échecs qu’elles n’ont pas encore réussi à digérer.

Vérifier si notre projet menace l’autre

Se lancer dans une nouvelle carrière, surtout si elle est artistique, c’est aussi se heurter aux peurs de son entourage, et notamment de son conjoint : « Tu n’es pas satisfaite de notre vie ? Comment allons-nous vivre ? etc. »  suivies de l’inévitable : « C’est trop difficile, tu n’y arriveras pas, tu vas te faire du mal. »

Au travail, proposer une nouvelle idée attire souvent de la résistance : « Laisse tomber, ça ne marchera jamais. »  « C’est trop risqué, on ne peut pas se le permettre, continue plutôt ce que tu sais faire ! » Et parfois, l’idée ainsi rejetée sera reprise par d’autres.

En effet, toute relation, en famille, au travail ou entre amis, repose sur un équilibre. Vouloir changer de rôle, c’est menacer tout le système. L’autre a peur de notre échec éventuel, mais aussi de notre réussite — qui pourrait changer notre relation et son quotidien, voire lui faire de l’ombre en cas de rivalité. Ces peurs multiples sont d’autant plus pernicieuses qu’elles sont souvent inconscientes.

Laisse tomber,
ça ne marchera pas

Faire face à la peur de l’échec des autres… et la nôtre

Avez-vous parfois tenté de décourager une amie qui venait de démarrer une nouvelle relation : « ça ne peut pas marcher entre vous. » La même petite voix s’adresse aussi souvent à nous-même : « laisse tomber, tu vas encore te planter. » Elle parle de notre peur de l’échec, et de nos échecs non digérés. Qu’ils viennent de l’entourage ou de nous-même, comment comprendre ce que disent vraiment ces avertissements ? Petit décryptage issue des principes de la communication selon l’école de Palo Alto.

Première étape : est-on dans la raison ou l’émotion ?

La logique de la communication, telle qu’enseignée par l’Ecole de Palo Alto, nous apprend que dans chaque discours, il y a deux niveaux : le contenu apparent, rationnel, et le niveau émotionnel, qui est aussi celui de la relation entre les interlocuteurs. Quand quelqu’un nous dit « Ton projet, ça ne marchera pas ! », il est important de décrypter la part d’arguments rationnels, qui concernent le contenu du projet, et la part d’émotions, où l’interlocuteur parle de lui-même et de notre relation.

Ces deux niveaux de communication ont leur importance. Pour réfléchir à un projet, il est important d’écouter les arguments rationnels. Quant au contenu émotionnel, il ne vous renseignera pas nécessairement sur la faisabilité de votre projet, mais il est important de le prendre en compte pour préserver la relation à l’autre.

Langage non-verbal

On est dans l’émotion si la personne est agitée, tendue, hausse la voix, se penche vers l’avant pour persuader — ou au contraire si elle semble abattue, découragée. Attention, risque de contagion ou d’escalade.

Gare à l’escalade

Si votre interlocuteur part de ses émotions pour décourager votre initiative, toute tentative d’argumenter va entraîner une escalade : la personne veut à tout prix vous convaincre. Mieux vaut arrêter de vous défendre.

Précision du discours

Une personne qui part d’une position rationnelle peut avancer des arguments concrets, adaptés à votre situation, et qui peuvent être discutés. Sinon, elle défend juste sa vision du monde ou sa situation.

Le sabotage intérieur : rationnel ou émotions masqués

Le même décryptage s’applique au petites voix négatives intérieures. Si vous êtes capable de vous asseoir devant une feuille et d’écrire vos « pour » et « contre » tranquillement, vous êtes dans la raison. Si vous entendez juste des petits mantras en boucle « je n’y arriverai pas », vous êtes dans l’émotion : peur de l’échec ou de la réussite, frustration, honte et tristesse générées par un échec précédent.

Même pas peur !

Deuxième étape : accueillir et comprendre l’émotion

Inutile de se battre contre la peur par la raison. Comme toute émotion, la peur vient de la partie archaïque de notre cerveau, au service de la survie,  elle parle en images, et par le biais du corps. Comme une alarme, tant qu’elle n’est pas prise en compte, elle sonnera plus fort. Si on tente de l’en empêcher, elle fera des dégâts. Accueillie et bien traitée, elle cessera d’être menaçante.

Accueillir les peurs de l’autre

Si une personne proche a peur de votre projet, mieux vaut commencer par le reconnaître : « je vois que ça t’inquiète vraiment ». Si vous sentez une sollicitude sincère, vous pouvez même l’en remercier. Dans un deuxième temps, pour comprendre ce qui se passe, vous pouvez poser des questions. Eviter toujours les questions commençant par « pourquoi » vécues comme une remise en cause. Dites plutôt : « Ok, qu’est-ce qui te fait peur exactement ? »

Apprivoiser ses propres peurs

Pour apprivoiser notre peur de l’échec, rien ne vaut un moment d’introspection centré sur les sensations corporelles. Quand je pense à ce projet, qu’est-ce que je ressens ? Où s’exprime cette émotion ? Dans mon ventre, mes épaules ? Tension ou abattement ? Laisser venir des images, des pensées, sans les repousser ni les suivre, aider a comprendre d’où vient cette peur. A force d’être écoutée, elle s’atténuera. Sinon, il est temps de consulter.

Identifier le schéma derrière l’émotion

Une personne qui est dans une émotion disproportionnée, et insiste que « ça ne peut pas marcher » sans pouvoir argumenter de manière concrète est sans doute dans un (ou plusieurs) de ces schémas :

J’ai peur car j’ai renoncé

Une personne qui a renoncé à un projet peut se sentir menacée par votre enthousiasme.

Pareil pour soi-même : on peut éviter un nouveau projet pour justifier un renoncement précédent. Cela devient alors un schéma automatique, à identifier pour pouvoir en sortir.

 

J’ai peur car j’ai échoué

Une personne qui n’a pas digéré un échec risque de projeter cette souffrance sur les autres.

Idem pour nos propres échecs, qui risquent de rester « en travers » de notre gorge et de notre route. Il est temps de revenir dessus, d’accueillir les émotions cachées, et de tirer des leçons.

 

Je me sens menacé

Cet ami, ce conjoint, ce collègue qui juge votre projet irréaliste, qu’a-t-il à perdre si vous vous lancez ? Il faut tenir compte de ces inquiétudes, prendre le temps, trouver des solutions.

Pareil pour soi : qu’est-ce que je risque si ça marche ? Moins de liberté ? Plus d’exposition publique ? La jalousie de mes amis ?

 

C’est l’heure des choix

Dernière étape : faire un choix en toute conscience

Prendre en compte les arguments rationnels… et l’émotion

Si quelqu’un nous avertit des risques d’un projet, c’est le moment de décider : j’arrête ou je continue ? Si je continue, comment améliorer mon idée grâce aux arguments rationnels soulevés par mon interlocuteur (ou par moi-même) ?

Si les affirmations « tu vas échouer » sont d’ordre émotionnel, la discussion sera difficile. Mieux vaut opérer un repli stratégique en disant par exemple : « Je vais y réfléchir, je te remercie », voire même : « Je suis prêt à prendre le risque, au moins tu m’auras averti. »

Mais comment faire avec un ami, un conjoint, un collègue qui se sent menacé par notre projet et fera tout pour l’empêcher (ou avec la petite voix intérieure qui en faut autant) ? Pour préserver la relation, il faudra écouter, comprendre ce qui se joue, chercher des solutions acceptables pour tout le monde.

Mais si c’est impossible, si la personne reste bloquée sur son refus, il va falloir décider (ou pas) de faire un choix entre votre projet et la relation à l’autre — ce que l’Ecole de Palo Alto appelle une « alternative stratégique » :

Je choisis mon projet…

et j’accepte des conflits.
Choisir de réaliser un projet contre l’avis de ses proches, c’est aller au conflit. A terme, votre entourage pourrait accepter la situation, et la relation s’améliorer… ou se dégrader jusqu’à la rupture.

Etes-vous prêt à une mauvaise ambiance à la maison pour changer de vie ? à quitter votre entreprise si un nouveau poste vous est refusé ?

 

Je choisis la paix…

et je compromets mon projet.
Si votre entourage refuse votre projet, privilégier la relation vous amènera à l’abandonner, le repousser ou le réduire fortement. Parfois, la relation à l’autre importe plus qu’une nouvelle idée.

Etes-vous prêt à renoncer ou rogner vos rêves pour préserver la paix avec votre conjoint, ou ménager vos collègues ? C’est parfois nécessaire.

Je ne veux pas choisir… 

et je risque la frustration.
Parfois, ménager la chèvre et le chou semble moins risqué qu’un choix net. Cela veut dire commencer un peu votre projet, en acceptant quelques conflits, et en faisant marche arrière quand l’orage pointe.

Un entre-deux qui sera inconfortable pour tout le monde, et qui demandera beaucoup d’énergie et de frustration, sans succès garanti.

 

Ce choix s’applique aussi pour les conflits internes : si vous vous sentez menacé par les risques associés à ce projet (moins de stabilité financière, moins de temps pour vous, plus de voyages…) il vous faudra faire un choix. Qui sera toujours bon s’il est conscient et assumé. Il est toujours plus agréable de se dire « J’ai décidé de ne pas me lancer, et j’assume avec de bonnes raisons » que d’écouter sans réfléchir les petites voix qui disent « ça ne marchera pas ». Et si vous vous lancez, au moins vous aurez moins de mauvaises surprises (vous en aurez quand même). Courage pour vos choix, et bonne chance !

Et vous, que faites-vous face à la peur de l’échec, quand on vous dit « ça ne marchera pas ? »
Cet article vous a plu, stimulé ou agacé ? Vos commentaires sont bienvenus.

Le Guide Rire à Paris est lancé

Le Guide Rire à Paris est lancé

C’est avec joie et fierté que je participe à la création du Guide Rire à Paris avec les éditions Parigramme, dédiées à la ville de Paris et 100% indépendantes. A son catalogue, il ne manquait qu’un guide dédié au rire, à l’humour, au comique sous toutes ses formes : c’est parti pour un recensement des théâtres, café-théâtres, clubs, cours, ateliers ou stages pour apprendre à faire le comique sur scène, s’entraîner au one-man-show ou se découvrir un talent de clown. 

Alors que le rire est partout, sur les écrans et sur les scènes, que l’humour attire et séduit de plus en plus de spectateurs et d’apprentis humoristes, l’idée de ce guide des lieux où l’on rit à Paris s’est imposée… Paris, bientôt capitale de l’humour ?

Toutes les formes de rire et spectacle comique à Paris

Rire à Paris veut être un guide ouvert à toutes les formes de rire, et notamment de spectacle comique : comédies, duos, sketchs, one-man-show ou seule-en-scène, stand-up, sans oublier l’impro qui a le vent en poupe, le clown et le cabaret qui se modernisent. L’objectif : chroniquer les incontournables, et dénicher de nouvelles perles rares en sélectionnant des lieu pour un esprit et une ambiance, drôle bien sûr, mais aussi bienveillante, originale voire unique.

Outre les grandes et petites scènes, on y trouvera la nouvelle génération de cafés-théâtres, où l’on peut boire un verre, voire manger, et rire avec les comiques qui se produisent devant les tables, ou en sous-sol dans des caveaux. Version stand-up comme le Paname, ou bien mêlant impro, sketches et musiques comme le Sonar’t, le Kibélé ou l’Improvi’bar, alternatifs comme l’Ogresse, ces lieux ont une atmosphère souvent expérimentale et par essence conviviale. Ne les cherchez-pas sous l’appellation café-théâtre, qu’ils revendiquent rarement, car ce terme est resté associé à des lieux similaires nés autour des années 1970 comme le Café de la Gare, les Blancs-Manteaux ou le Point-Virgule, devenus des scènes incontournables, et qui ont parfois perdu leur bar au passage !

 Rire et faire rire : cours, stages, ateliers de comique

Applaudir des comiques, oui, monter sur scène et devenir humoriste, pourquoi pas ? De plus en plus de comiques en devenir se lancent dans cet art exigeant, qui combine écriture, mise en scène et interprétation. Dans les cours, stages et ateliers de comique, clown ou one-man-show, les comedy-club et les ligues d’impro, on peut démarrer en amateur avec quelques sketchs, seul ou en groupe, ou aller plus loin en développant son spectacle. Avec au bout, parfois, une nouvelle carrière pour celui ou celle qui aura su
faire rire avec sa personnalité, son univers et bien sûr son humour.

 Humour-térapie, yoga du rire, rigologie…

Enfin, l’humour est aussi une thérapie, proposée par des ateliers de rigologie ou de yoga du rire, pour soi ou en entreprise… et bien plus  encore !

Retrouvez toute l’actu du Guide Rire à Paris sur la page Facebook : Le Guide du Rire.

Des idées de spectacles, de cours de comique, de stages de théâtres ou de clown à proposer ? Des commentaires sur ce projet ? Ecrivez-nous ou laissez un commentaire, réponse garantie !