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Les rythmes scolaires sont-ils adaptés aux enfants ?

Les rythmes scolaires sont-ils adaptés aux enfants ?

tou Le surve Dans les forums sur l’instruction en famille, une question revient sans cesse : combien d’heures par jour pour l’école à la maison ? D’après les réponses des parents, les temps dédiés à l’instruction à la maison sont variables, mais toujours plus faibles qu’à l’école : 3-4 heures par jour en primaire, parfois moins. Alors, l’école à la maison, c’est sérieux ou pas ? Et d’ailleurs, comment ça se passe à l’école ?

Plus de 6 heures par jour à l’école primaire

La journée d’école en théorie : 5 heures 30 par jour

En France, la durée d’instruction à l’école primaire est fixée à 24 heures par semaine, pour 36 semaines par an, soit 864 heures par an (26 heures au collège pour les matières obligatoires). Par ailleurs, le Ministère de l’Education nationale fixe la durée d’enseignement à 5 heures 30 par jour au maximum à l’école primaire, tous niveaux confondus : ceci afin de respecter le rythme de l’enfant.

La journée d’école en pratique : 6 heures par jour et plus

Pour que la durée d’instruction ne dépasse pas 5 heures 30 par jour, les enfants doivent aller à l’école le mercredi matin, comme prévu dans la loi Peillon de 2013. Il en résulte un surcoût pour les mairies en terme de cantine, garderie du matin et ramassage scolaire. Or, l’Etat a tenté d’imposer cette politique aux collectivités locales sans leur en donner les moyens, et bien des mairies ont renâclé. Plutôt que donner aux communes les moyens d’appliquer une loi censée aider l’enfant à travailler, la loi Blanquer de 2017 leur redonne la liberté de choix des rythmes scolaires. Résultat, en 2018, 87% des communes sont repassées à la semaine de 4 jours, donc 6 heures par jour d’école, au-delà du maximum fixé par l’éducation nationale au nom du bien-être de l’enfant. 

Beaucoup d’enfants passent en fait 8 à 11 heures par jour à l’école, avec les temps de cantine et « garderie » ou accueil périscolaire. Même pendant les temps de jeu et détente, les enfants restent dans un environnement bruyant, où ils doivent respecter des consignes et une discipline collective, ce qui génère de la fatigue. Pour beaucoup d’enfants, ces temps comprennent une étude surveillée de 1 heure à 1 heure 30 : on est alors à plus de 7 heures par jour de temps scolaire. Hélas, une étude surveillée n’est pas une étude encadrée : les enfants y font leurs devoirs, mais certains ne s’en sortent pas sans aide, et devront recommencer à la maison. 

Et en plus, il y a les devoirs !

Le sujet des devoirs à la maison nécessite un article à part. Depuis 1956, de multiples circulaires ont cherché à les limiter, voire les interdire. Avec de très bonnes raisons : (1) Les enfants sont trop fatigués pour travailler en fin de journée et (2) les devoirs à la maison maintiennent les inégalités sociales.

Aujourd’hui, les enfants de primaire reçoivent des devoirs « oraux » : lecture, recherche, apprendre une leçon. Ce qui, en pratique, nécessite souvent d’écrire. Les enseignants recommandent de limiter les devoirs à 20-30 minutes, mais certains enfants ont besoin d’une heure ou plus pour faire leurs devoirs.

Témoignage d’une maman : « En CP et CE1, mon fils récoltait des remarques de la maîtresse, puis des mots dans le cahier quand il n’avait pas appris ses leçons à la maison. Quand je lui disais que pourtant, nous y passions plus d’une heure chaque soir, elle me répondait qu’il ne fallait pas dépasser 20 minutes. Mais si je m’y tenais, la semaine suivante les leçons n’étaient pas bien sues, mon fils se prenait une remontrance, et moi un mot dans le cahier. »

Depuis 2017, le dispositif « devoirs faits » repose sur 4 heures d’étude encadrée par semaine au collège. En pratique les moyens sont inégaux, et l’aide réelle accordée aux collégiens est très inférieure à l’objectif. Beaucoup de collégiens continuent de crouler sous les devoirs. En comptant les heures de cours et les devoirs, la plupart dépassent les 35 heures de travail par semaine revendiquées pour les adultes ! 

Journées trop longues : épuisement à l’école

Est-il raisonnable d’imposer des journées de 6 à 7 heures de travail à des enfants de primaire, et des semaines de plus de 35 heures à des adolescents qui ont besoin de créer, de bouger et de dormir ? Si l’on en croit les retours des parents, des enseignants et des enfants, la réponse est non. 

Les enseignants savent bien qu’un enfant de primaire est fatigué dès la fin de la matinée, surtout dans les plus petites classes, au CP et CE1, où se jouent les apprentissages fondamentaux qui déterminent son avenir. Imaginer qu’un enfant de 6 à 8 ans puisse se concentrer efficacement pendant 5 heures 30 par jour à l’école, c’est très loin de la réalité, en tout cas pour la majorité des enfants.

Finalement, au primaire comme par la suite, la fatigue s’accumule vers la fin de la semaine et surtout en fin de trimestre, plus ou moins selon les enfants. Or il suffit de quelques enfants épuisés pour perturber une classe, car hélas, un enfant fatigué a plus tendance à s’agiter qu’à se reposer tranquillement. Résultat : des enseignants eux-mêmes à bout de nerfs au fur et à mesure que les journées s’additionnent. De sorte que les 6 heures d’école par jour sont loin d’être toutes productives

6 heures par jour de travail à l’école : vraiment ?

Les enseignants font-ils vraiment 6 heures d’enseignement par jour ? En fait, non, surtout dans les petites classes. Les après-midis sont surtout consacrées à des activités « créatives », lorsqu’il devient impossible d’espérer une concentration de la part des enfants.

 

Une AVS (auxiliaire de vie scolaire) intervenant sur un forum de parents faisait remarquer que dans sa classe, avec 25 enfants dont quelques enfants hyperactifs ou en difficulté, la maîtresse passait en pratique 3 heures par jour à réellement enseigner. Mais pendant les 3 autres heures de la journée, les enfants sont quand même assis sur une chaise, et sont censés se concentrer sur quelque chose et rester sages. Ce qui est fatigant, et pour le coup de manière assez improductive.

Résultat : 6 heures d’école + 30 minutes de devoir = 3 à 4 heures de travail effectif sur les apprentissages « formels ».

Répartition par matière à l’école primaire : 

864 h/an

Selon le site officiel du Ministère de l’Education, en primair

 

 

L’école à la maison : 3 à 4 heures par jour… sur les apprentissages formels

On constate finalement que le temps de travail formel effectif est à peu près le même à l’école, et dans l’instruction en famille ou « école à la maison ». Les parents qui font l’école à la maison consacrent en général 3 à 4 heures par jour, en général le matin, aux apprentissages « formels ». Et parfois moins pour certains, dans les petites classes notamment. Ces heures sont très intenses. La supervision par un parent ou tuteur permet de limiter les temps de déconcentration, de sorte que l’enfant passe vraiment 3 à 4 heures (hors pauses) sur son travail.

Ces apprentissages sont très concentrés sur les « fondamentaux » : lire, écrire, compter. Apprentissages fondamentaux qui semblent en régression dans l’école en France.

D’ailleurs, les cours par correspondance suivent cette tendance. Les cours privés les plus pratiqués privilégient l’apprentissage du Français et des Mathématiques, tout en assurant à l’enfant d’acquérir les grandes bases de la connaissance du monde : repères historiques et géographiques, bases scientifiques. Ils recommandent des temps scolaires de 3 à 4 heures en primaire. Un positionnement logique, qui est adapté à la pratique de l’instruction en famille. Les parents qui font l’école à la maison ont des raisons très diverses, mais la plupart ont envie d’une éducation plus libre, tout en assurant des bases solides à leurs enfants. Beaucoup préfèrent utiliser une éducation « informelle » pour ouvrir leurs enfants au monde. Visiter un musée ou un monument historique, regarder un documentaire scientifique, partir en voyages, lire et écrire ensemble des poésies, faire du sport avec eux… Autant d’occasions de les éveiller, de les sensibiliser, de leur faire acquérir une culture générale qui les aidera plus tard. Evidemment, tous les parents ne peuvent pas faire cela.

Les cours du CNED, en revanche, conseillent 24 heures de travail hebdomadaire, avec beaucoup de temps passé sur les autres matières. Ce qui, souvent, ne convient pas aux parents adeptes de l’instruction en famille, car ce système reproduit exactement l’enseignement scolaire, et prive les parents de liberté. Mais certains préfèrent ce choix, car justement la proximité avec l’école les rassure, et l’accès au CNED peut justement permettre à tous les enfants qui ne peuvent pas aller à l’école (parfois pour des raisons de handicap) d’accéder au socle commun, même si leurs parents ne peuvent pas le faire.

C’est la beauté de l’école à la maison : chacun peut faire des choix en fonction de son enfant, de sa famille.

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L’école à la maison : combien d’heures par jour d’instruction en famille ?

L’école à la maison : combien d’heures par jour d’instruction en famille ?

Dans les forums sur l’instruction en famille, une question revient sans cesse : combien d’heures par jour pour l’école à la maison ? D’après les réponses des parents, les temps dédiés à l’instruction à la maison sont variables, mais toujours plus faibles qu’à l’école : 3-4 heures par jour en primaire, parfois moins. Alors, l’école à la maison, c’est sérieux ou pas ? Et d’ailleurs, comment ça se passe à l’école ?

Combien d’heures par jours travaillent-ils à l’école ?

6 heures par jour et plus en primaire : des journées trop longues

En France, la durée légale d’instruction à l’école primaire est fixée à 24 heures par semaine, et 5 heures 30 par jour au maximum. En pratique, comme 85% des communes pratiquent la semaine de 4 jours, les journées d’école durent 6 heures, auxquelles il faut ajouter les devoirs, faits en étude ou à la maison : on arrive vite ainsi à 7 heures de travail scolaire dans une même journée.

C’est clairement trop, les spécialistes s’accordent à reconnaître que la durée maximale de travail efficace que peut fournir un enfant atteint au maximum 4 heures dans une journée en début de primaire, et 5 heures en fin de primaire. Et au sein même de ce temps, selon l’INSERM, la durée de concentration intense, correspondant aux apprentissages les plus difficiles, ne dépasse pas 2 heures 30 en CP !

La réalité : beaucoup moins de temps de travail effectif

Les enseignantes savent bien qu’un enfant de primaire est fatigué dès la fin de la matinée, surtout dans les plus petites classes. Elles concentrent donc le matin les apprentissages fondamentaux, le reste de la journée étant consacré aux matières secondaires, aux activités créatives, etc. Ou elles divisent leur attention selon les enfants, comme en témoigne cette AVS (Auxiliaire de via scolaire) :

Dans la classe de CE1 où j’interviens, il y a 25 enfants, dont quelques-uns ont et posent des difficultés (hyperactivité, trouble autistique…). Il y a beaucoup d’agitation, de perturbations, et la maîtresse passe beaucoup de temps à essayer de les gérer et de maintenir la concentration de tout le monde. J’estime que le temps de travail effectif dans cette classe ne dépasse pas 3 heures par jour. 

On se retrouve avec des enfants qui doivent rester assis et « sages » pendant 6 heures, ce qui est très fatigant pour eux, pour 3 heures d’apprentissage effectif. Sans compter que pendant ces 3 heures, nombreux sont ceux qui décrochent, parce qu’ils n’arrivent pas à suivre, ou s’ennuient. Pour eux, le temps réel d’apprentissage peut ne pas dépasser une heure. 

 

 

 

Et encore faut-il fractionner ce temps, en alternant les différents temps scolaires : périodes de plus ou moins forte concentration, les temps assis et en mouvement, l’activité intellectuelle, physique et artistique, etc.

 

 

 

En tenant compte aussi du fait que les meilleures performances sont obtenues en milieu et fin de matinée, avec une baisse en milieu de journée, et une remontée en fin d’après-midi — variable selon les âges et le type d’activité.

Tous les parents et les enseignants témoignent du fait que ces rythmes dépassent la capacité de la plupart des enfants. C’est encore plus vrai au début du primaire, en CP-CE1, à l’âge de 6-8 ans, où se jouent les apprentissages de base qui déterminent tout l’avenir de l’enfant. Résultat : la fatigue s’accumule en fin de semaine et surtout en fin de trimestre, plus ou moins selon les enfants. Or il suffit de quelques enfants épuisés, et donc agités, pour perturber une classe, de sorte que les enseignants terminent eux-mêmes ) bout de nerfs. De sorte que les 6 heures d’école par jour sont loin d’être toutes productives

 

L’école à la maison : 3-4 heures par jour en primaire

 

 

L’école à la maison : 3 à 4 heures par jour… sur les apprentissages formels

On constate finalement que le temps de travail formel effectif est à peu près le même à l’école, et dans l’instruction en famille ou « école à la maison ». Les parents qui font l’école à la maison consacrent en général 3 à 4 heures par jour, en général le matin, aux apprentissages « formels ». Et parfois moins pour certains, dans les petites classes notamment. Ces heures sont très intenses. La supervision par un parent ou tuteur permet de limiter les temps de déconcentration, de sorte que l’enfant passe vraiment 3 à 4 heures (hors pauses) sur son travail.

Ces apprentissages sont très concentrés sur les « fondamentaux » : lire, écrire, compter. Apprentissages fondamentaux qui semblent en régression dans l’école en France.

D’ailleurs, les cours par correspondance suivent cette tendance. Les cours privés les plus pratiqués privilégient l’apprentissage du Français et des Mathématiques, tout en assurant à l’enfant d’acquérir les grandes bases de la connaissance du monde : repères historiques et géographiques, bases scientifiques. Ils recommandent des temps scolaires de 3 à 4 heures en primaire. Un positionnement logique, qui est adapté à la pratique de l’instruction en famille. Les parents qui font l’école à la maison ont des raisons très diverses, mais la plupart ont envie d’une éducation plus libre, tout en assurant des bases solides à leurs enfants. Beaucoup préfèrent utiliser une éducation « informelle » pour ouvrir leurs enfants au monde. Visiter un musée ou un monument historique, regarder un documentaire scientifique, partir en voyages, lire et écrire ensemble des poésies, faire du sport avec eux… Autant d’occasions de les éveiller, de les sensibiliser, de leur faire acquérir une culture générale qui les aidera plus tard. Evidemment, tous les parents ne peuvent pas faire cela.

Les cours du CNED, en revanche, conseillent 24 heures de travail hebdomadaire, avec beaucoup de temps passé sur les autres matières. Ce qui, souvent, ne convient pas aux parents adeptes de l’instruction en famille, car ce système reproduit exactement l’enseignement scolaire, et prive les parents de liberté. Mais certains préfèrent ce choix, car justement la proximité avec l’école les rassure, et l’accès au CNED peut justement permettre à tous les enfants qui ne peuvent pas aller à l’école (parfois pour des raisons de handicap) d’accéder au socle commun, même si leurs parents ne peuvent pas le faire.

C’est la beauté de l’école à la maison : chacun peut faire des choix en fonction de son enfant, de sa famille.

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Peur de l’échec : que faire quand on entend « ça ne marchera pas » ?

Peur de l’échec : que faire quand on entend « ça ne marchera pas » ?

La peur de l’échec accompagne toute nouvelle aventure. On est alors vulnérable aux voix qui disent « C’est impossible, tu n’y arriveras pas« . Des voix de notre entourage comme de nous-mêmes, parées de bonnes intentions : « Je dis ça pour ton bien ». Elles peuvent contenir des mises en gardes utiles. Faut-il en tenir compte et comment ?

Peur de l’échec : que révèlent les conseils de l’entourage ?

 Au démarrage de nouveaux projets ou relations, j’ai entendu toutes sortes de conseils m’invitant à renoncer pour éviter un échec. Décryptage de quelques exemples.

Créer son entreprise : que nous apprennent les peurs des autres


> Leçon n°1 : repérer si l’autre parle de nous, ou de ses propres peurs

Lorsque j’ai quitté un job sécurisant pour passer à mon compte, plusieurs collègues m’ont prédit l’échec. L’un d’eux m’a dit d’un ton grave : « C’est une bonne idée, je voulais le faire moi-même. Mais j’ai réalisé que ça ne peut pas marcher. Je vais t’expliquer pourquoi. » En fait, il avait peu d’arguments, à part des généralités non étayées comme « il n’y a pas de marché ». Il exprimait sa propre peur de l’échec, avec les arguments qu’il s’était donnés — sans se demander s’ils s’appliquaient à ma situation.

A l’inverse, une amie ayant créé avec succès son entreprise, m’a averti du risque d’échec si je lançais une activité purement commerciale : « Je te connais bien, tu as besoin de stimulation intellectuelle, or dans ce secteur tu vas en manquer. » En effet, ce volet de mon affaire a végété et j’ai fini par l’abandonner, pour réussir dans la partie conseil.

> Leçon n° 2 : apprendre des échecs des autre

Plus tard, sur un projet associatif, un dirigeant dans le même domaine m’a prédit un échec : « Nous avons essayé de développer cette activité, mais ça ne pas marcher dans le contexte actuel. »  Il m’a donné des arguments concrets. Même si son pessimisme et son air découragé n’étaient pas agréables, je l’ai écouté avec attention. J’ai conclu que chacun de ces obstacles pouvait être surmonté, et j’en ai tenu compte pour monter mon projet. 

> Leçon n° 3 : apprivoiser l’échec mène à la réussite

Plus étonnant, un collègue m’a encouragé à me lancer, malgré son propre échec : « J’ai quitté mon poste de chercheur pour créer mon entreprise, une fabrique de fromage dans les Cévennes. J’ai travaillé comme un fou, j’ai fait faillite et je ne supporte plus l’odeur du fromage. Mais j’ai beaucoup appris, et j’ai surtout compris que j’étais fait pour la recherche. J’ai retrouvé un poste de chercheur, et je suis heureux, sans regret. » Sa conclusion : « Lance-toi, et même si tu échoues, au moins tu n’auras pas de regret et tu te connaîtras mieux. » Ici on voit la différence entre un renoncement non assumé, et un « échec » bien digéré, vécu comme une expérience d’où l’on sort en paix avec soi-même. Ce qui incite à encourager les autres.

Devenir un artiste : peur de l’échec… et de la réussite


> Leçon n°4 : tenir compte du parcours de l’interlocuteur

Ainsi, une amie qui voulait se lancer dans la chanson s’est inscrite à un cours. Paralysée par le trac, sa voix était bloquée et ses mouvements sans naturel. Un de ses proches, musiciens, l’a avertie : « On a une présence scénique ou pas. Aucun cours, méthode ou exercice n’y changera rien. » Pourtant, bien des artistes ont enchaîné les bides avant d’apprivoiser leur peur de la scène. Mais quel est le parcours de ce chanteur pessimiste ? Lui-même ne monte plus sur scène depuis des années, il travaille uniquement en studio. 

De mon côté, je me suis parfois surprise à tenir à des propos pessimistes à d’autres personnes sur des projets sur lesquels j’avais échoué, et qui me restaient « en travers ». Indiquant que finalement, c’est surtout moi qui avait besoin de tirer des leçons de tout ça.

Ainsi les succès, et même les échecs assumés, mènent plutôt à encourager les autres. Les personnes qui nous découragent sont peut-être en train de projeter sur nous le regret des rêves qu’elles n’ont pas réalisé.

> Leçon n° 5 : comprendre en quoi notre projet menace l’autre

En se lançant dans la musique, mon amie s’est aussi heurtée aux peurs de sa famille, à l’idée qu’elle quitte son job pour cette carrière : « Tu n’es pas satisfaite de notre vie ? Comment allons-nous payer la maison ? Qui va s’occuper de nous ? etc. »  suivies de l’inévitable : « C’est trop difficile, tu n’y arriveras pas, tu vas te faire du mal. »

Au travail, qui n’a pas subi de la résistance après avoir proposé une nouvelle idée ambitieuse ? « Laisse tomber, ça ne marchera jamais. »  « C’est trop risqué, on ne peut pas se le permettre. » « Pourquoi ne continues pas ce que tu sais faire? » Et parfois, l’idée sera reprise par d’autres. 

En effet, toute relation suppose un équilibre, où chacun a un rôle : vouloir en changer, c’est menacer tout le système. L’autre a peur de notre échec éventuel, mais aussi de notre réussite — qui pourrait changer notre relation, bouleverser son quotidien, voire lui faire de l’ombre en cas de rivalité même masquée. Ces peurs multiples sont d’autant plus pernicieuses qu’elles sont souvent inconscientes. 

Laisse tomber,
ça ne marchera pas

Faire face à la peur de l’échec des autres… et la nôtre

Avez-vous parfois tenté de décourager une amie qui venait de démarrer une nouvelle relation : « ça ne peut pas marcher entre vous. » La même petite voix s’adresse aussi souvent à nous-même : « laisse tomber, tu vas encore te planter. » Elle parle de notre peur de l’échec, et de nos échecs non digérés. Qu’ils viennent de l’entourage ou de nous-même, comment comprendre ce que disent vraiment ces avertissements ? Petit décryptage issue des principes de la communication selon l’école de Palo Alto.

Première étape : est-on dans la raison ou l’émotion ?

Pour commencer, identifions la part d’émotions et de raisonnement derrière le fameux : « ça ne marchera pas ! » Les arguments rationnels concernent le contenu de la conversation, donc votre projet. Les émotions de l’interlocuteur parlent de lui-même et de sa relation à vous, elles ne concernent pas votre projet en soi. En gros, il faut écouter les arguments rationnels pour votre projet, et prendre en compte les émotions pour préserver votre relation à l’autre.

Langage non-verbal

On est dans l’émotion si la personne est agitée, tendue, hausse la voix, se penche vers vous, ou au contraire semble abattue. Autant de signes de colère, peur, honte ou tristesse. Attention, ces émotions peuvent être contagieuses.

Tendance à l’escalade

Si votre interlocuteur part de ses émotions pour décourager votre initiative, toute tentative d’argumenter va entraîner une escalade : la personne veut à tout prix vous convaincre. Mieux vaut arrêter de vous défendre.

Précision des arguments

Une personne qui part d’une position rationnelle peut avancer des arguments concrets, adaptés à votre situation, et qui peuvent être discuter. Sinon, elle défend juste sa vision du monde, qui ne concerne pas votre projet.

Le sabotage intérieur : rationnel ou émotions masqués

Le même décryptage s’applique au petites voix négatives intérieures. Si vous êtes capable de vous asseoir devant une feuille et d’écrire vos « pour » et « contre » tranquillement, vous êtes dans la raison. Si vous entendez juste des petits mantras en boucle « je n’y arriverai pas », et que vous êtes incapable d’aller plus loin : vous êtes dans l’émotion : peur de l’échec ou de la réussite, frustration, honte et tristesse générées par un échec précédent.

Même pas peur !

Deuxième étape : accueillir et comprendre l’émotion

Inutile de se battre contre la peur par la raison. Elle vient de l’inconscient, elle parle en images, en gestes, avec les sens. Comme une alarme, tant qu’elle n’est pas prise en compte, elle sonnera plus fort. Si on tente de l’en empêcher, elle fera des dégâts. Accueillie et bien traitée, elle cessera d’être menaçante.

Accueillir la peur de l’échec chez l’autre

Si une personne proche semble inquiète face à un de vos projets, mieux vaut accueillir commencer par le reconnaître : « je vois que ça t’inquiète vraiment ». Si vous sentez une sollicitude sincère, vous pouvez même l’en remercier — sans hypocrisie ni ironie. Dans un deuxième temps, pour comprendre ce qui se passe, vous pouvez poser des questions. Eviter toujours le « pourquoi » vécu comme une remise en cause. Dites plutôt : « Ok, qu’est-ce qui te fait peur exactement ? »

Apprivoiser ses propres peurs

Même chose pour notre peur de l’échec, avec un moment d’introspection centré sur les sensations corporelles, qui ne mentent jamais. Quand je pense à ce projet, qu’est-ce que je ressens ? Où s’exprime cette émotion ? Dans mon ventre, mes épaules ? Tension ou abattement ? Laisser venir des images, des pensées, sans les repousser ni les suivre. Vous comprendrez mieux la nature de cette peur. A force d’être écoutée, elle s’atténuera. Sinon, il est temps de consulter.

Identifier le schéma derrière l’émotion

Une personne qui est dans une émotion disproportionnée, et insiste que « ça ne peut pas marcher » sans pouvoir argumenter de manière concrète est sans doute dans un (ou plusieurs) de ces schémas :

J’ai renoncé

Une personne qui a renoncé à un projet peut se sentir menacée par votre enthousiasme.
Pareil pour vous-même : on peut éviter un nouveau projet pour justifier un renoncement précédent. Cela devient un schéma automatique à identifier pour pouvoir en sortir.

 

J’ai échoué

Une personne qui n’a pas digéré un échec, parfois sans s’en rendre compte, va projeter cette souffrance. Idem pour vos propres échecs, qui risquent de rester « en travers » de votre gorge et de votre route. Il est temps de revenir dessus, d’accueillir les émotions cachées, et de tirer des leçons.

 

Je me sens menacé

Cet ami, ce conjoint, ce collègue qui juge votre projet irréaliste, qu’a-t-il à perdre si vous vous lancez ? Il faut tenir compte de ces inquiétudes, prendre le temps, trouver des solutions. Pareil pour soi : qu’est-ce que je risque si ça marche ? Moins de liberté ? Plus d’exposition publique ? La jalousie de mes amis ?

 

C’est l’heure des choix

Dernière étape : faire un choix en toute conscience

 

Prendre en compte les arguments rationnels

Si quelqu’un vous avertit des risques d’un projet, avec des arguments concrets rationnels et concrets, sc’est le moment de décider : j’arrête ou je continue ? Si je continue, comment améliorer mon idée grâce aux points soulevés par mon interlocuteur (ou par moi-même) ?

Si vous avez identifié des schémas émotionnels cachés derrière les affirmations « tu vas échouer », la discussion sera difficile. Vous risquez de vous sentir attaqué ou frustré, et de défendre votre idée, au risque de vous fâcher ou de vexer la personne en face. Mieux vaut opérer un repli stratégique : « Je vais y réfléchir, je te remercie. », voire même : »Je suis prêt à prendre le risque, si j’échoue tu m’auras averti. »

Mais comment faire avec un proche — conjoint, collègue, et bien sûr vous-même — qui se sent menacé par votre projet et va tout faire pour l’empêcher ? Pour préserver la relation, il faudra bien écouter, comprendre ce qui se joue, chercher des solutions qui tiennent compte des besoins de tout le monde. Mais si c’est impossible, si la personne reste bloquée sur son refus, il va falloir décider (ou pas) de faire un choix entre votre projet et la relation à l’autre 

Je choisis mon projet…

et j’accepte des conflits. 
Si vous privilégiez votre projet contre l’avis de vos proches, vous allez au conflit. A terme, votre entourage pourrait s’incliner devant votre détermination et la relation s’améliorer… ou se dégrader jusqu’à la rupture. Etes-vous prêt à assumer une mauvaise ambiance à la maison pour changer de vie ? Etes-vous prêt à quitter votre entreprise si votre supérieur refuse votre demande de reconversion ?

 

Je choisis la paix…

et je compromets mon projet.
Si votre entourage refuse votre projet, privilégier la relation vous amènera à l’abandonner, le repousser sans limite de temps, ou le réduire fortement. Parfois, la relation à l’autre importe plus qu’une nouvelle idée. Etes-vous prêt à renoncer ou rogner vos rêves pour préserver la paix avec votre conjoint ? A renoncer ou rogner une idée qui vous est chère pour ménager vos collègues.

Je ne veux pas choisir… 

et je risque la frustration.
Vous pouvez vouloir ménager la chèvre et le chou. C’est légitime, et peut-être moins risqué qu’un choix net. Cela veut dire commencer un peu votre projet, en acceptant quelques conflits, et en faisant marche arrière quand l’orage pointe. Un entre-deux qui risque d’être inconfortable pour tout le monde, et qui demandera beaucoup d’énergie et de frustration, sans succès garanti.

 

Ce choix s’applique aussi pour les conflits internes : si vous vous sentez menacé par les risques associés à ce projet (moins de stabilité financière, moins de temps pour vous, plus de voyages…) il vous faudra faire un choix. Qui sera toujours bon s’il est conscient et assumé. Il est toujours plus agréable de se dire « J’ai décidé de ne pas me lancer, et j’assume avec de bonnes raisons » que d’écouter sans réfléchir les petites voix qui disent « ça ne marchera pas ». Et si vous vous lancez, au moins vous aurez moins de mauvaises surprises (vous en aurez quand même). Courage pour vos choix, et bonne chance !

Et vous, que faites-vous face à la peur de l’échec, quand on vous dit « ça ne marchera pas ? »
Cet article vous a plu, stimulé ou agacé ? Vos commentaires sont bienvenus.

Le Guide Rire à Paris est lancé

Le Guide Rire à Paris est lancé

C’est avec joie et fierté que je participe à la création du Guide Rire à Paris avec les éditions Parigramme, dédiées à la ville de Paris et 100% indépendantes. A son catalogue, il ne manquait qu’un guide dédié au rire, à l’humour, au comique sous toutes ses formes : c’est parti pour un recensement des théâtres, café-théâtres, clubs, cours, ateliers ou stages pour apprendre à faire le comique sur scène, s’entraîner au one-man-show ou se découvrir un talent de clown. 

Alors que le rire est partout, sur les écrans et sur les scènes, que l’humour attire et séduit de plus en plus de spectateurs et d’apprentis humoristes, l’idée de ce guide des lieux où l’on rit à Paris s’est imposée… Paris, bientôt capitale de l’humour ?

Toutes les formes de rire et spectacle comique à Paris

Rire à Paris veut être un guide ouvert à toutes les formes de rire, et notamment de spectacle comique : comédies, duos, sketchs, one-man-show ou seule-en-scène, stand-up, sans oublier l’impro qui a le vent en poupe, le clown et le cabaret qui se modernisent. L’objectif : chroniquer les incontournables, et dénicher de nouvelles perles rares en sélectionnant des lieu pour un esprit et une ambiance, drôle bien sûr, mais aussi bienveillante, originale voire unique.

Outre les grandes et petites scènes, on y trouvera la nouvelle génération de cafés-théâtres, où l’on peut boire un verre, voire manger, et rire avec les comiques qui se produisent devant les tables, ou en sous-sol dans des caveaux. Version stand-up comme le Paname, ou bien mêlant impro, sketches et musiques comme le Sonar’t, le Kibélé ou l’Improvi’bar, alternatifs comme l’Ogresse, ces lieux ont une atmosphère souvent expérimentale et par essence conviviale. Ne les cherchez-pas sous l’appellation café-théâtre, qu’ils revendiquent rarement, car ce terme est resté associé à des lieux similaires nés autour des années 1970 comme le Café de la Gare, les Blancs-Manteaux ou le Point-Virgule, devenus des scènes incontournables, et qui ont parfois perdu leur bar au passage !

 Rire et faire rire : cours, stages, ateliers de comique

Applaudir des comiques, oui, monter sur scène et devenir humoriste, pourquoi pas ? De plus en plus de comiques en devenir se lancent dans cet art exigeant, qui combine écriture, mise en scène et interprétation. Dans les cours, stages et ateliers de comique, clown ou one-man-show, les comedy-club et les ligues d’impro, on peut démarrer en amateur avec quelques sketchs, seul ou en groupe, ou aller plus loin en développant son spectacle. Avec au bout, parfois, une nouvelle carrière pour celui ou celle qui aura su
faire rire avec sa personnalité, son univers et bien sûr son humour.

 Humour-térapie, yoga du rire, rigologie…

Enfin, l’humour est aussi une thérapie, proposée par des ateliers de rigologie ou de yoga du rire, pour soi ou en entreprise… et bien plus  encore !

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Des idées de spectacles, de cours de comique, de stages de théâtres ou de clown à proposer ? Des commentaires sur ce projet ? Ecrivez-nous ou laissez un commentaire, réponse garantie !