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Distraite, instable, créative, sensible… Femme et TDA/H : double peine ou double don ?

Apprendre à se connaître pour valoriser son potentiel 

Si vous êtes une femme avec un TDA/H, souvent diagnostiquée tardivement, vous savez que vos difficultés ne se limitent pas à « un manque de concentration ». Elles sont plus subtiles, plus diffuses, et souvent plus coûteuses que chez les hommes.

Fatigue chronique, sentiment d’inadéquation, instabilité émotionnelle, impression de ne jamais être « comme il faut »… Beaucoup de femmes avec un TDA/H se sentent à bout, découragées, voire honteuses de leur fonctionnement.

👉 Pourtant, le TDA/H n’est pas qu’un handicap.

Il est aussi porteur de ressources puissantes, à condition de les comprendre, de les canaliser, et de cesser de lutter contre soi-même.

Dans cet article, je vous propose :

  • de mieux comprendre les spécificités du TDA/H chez les femmes
  • de voir pourquoi il est souvent plus difficile à vivre pour elles
  • et surtout d’explorer les ressources et leviers positifs du TDA/H féminin

Évoluer seule n’est pas évident…pour aller plus loin, je propose des accompagnements thérapeutiques et du coaching spécialisés TDA/H

Qu’est-ce que le TDA/H, sutout chez les femmes ?

Le TDA/H (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) regroupe trois groupes de symptômes.

Chez les femmes, la forme sans hyperactivité visible est particulièrement fréquente… et souvent sous-diagnostiquée.

1. Une gestion de l’attention chaotique

Elle peut prendre des formes diverses:

  • Difficultés de concentration
  • Hyperfocalisation intense… au point d’oublier tout le reste
  • Distractibilité élevée, surtout dans les environnements bruyants ou saturés (ce qui rend difficile la présence de jeunes enfants)
  • Hypersensibilité aux ambiances et aux relations
  • Fonctionnement « dans la lune », rêveur (fréquent chez les femmes)
  • Oublis répétés (clés, papiers, rendez-vous, obligations…)
  • Abondance d’idées… difficiles à suivre ou à concrétiser
  • Impression de « brouillard mental », souvent accentuée après 45 ans (ménopause)
  • Rapport au temps compliqué, procrastination fréquente
  • Fluctuations d’énergie, d’humeur et d’émotions.

 Ces difficultés deviennent particulièrement lourdes lorsqu’il faut gérer une famille, des enfants, un travail, avec des attentes de fiabilité constantes.

2. L’impulsivité

L’impulsivité peut se manifester par :

  • Une grande spontanéité
  • Des prises de parole ou des actions trop rapides, parfois regrettées
  • Une tendance à challenger l’autorité ou les règles
  • Peu d’autocontrôle et de discipline
  • Une recherche de stimulation (adrénaline, dopamine)
  • Des comportements à risque ou des addictions
  • (alcool, tabac, drogues, sport excessif, téléphone, sexe…)

👉 Chez les femmes, ces comportements sont moins tolérés socialement que chez les hommes, à qui l’on pardonne plus facilement l’excès, l’audace ou la transgression.

3. L’hyperactivité (souvent intérieure)

Chez l’adulte, l’hyperactivité est rarement motrice. Elle devient :

  • Une agitation mentale permanente
  • Une tension intérieure
  • L’incapacité à se poser ou à se détendre
  • Une tendance à lancer de nombreux projets avec intensité… puis à s’épuiser
  • Un fonctionnement multitâche permanent
  • Parfois un leadership naturel, perçu comme dominant

👉 Là encore, certains traits (affirmation, dominance, énergie débordante) sont culturellement associés au masculin, et plus critiqués chez les femmes.

Si vous avez besoin d’un bilan pour savoir si vous avez peut-être un TDAH, et pour mieux connaître votre TDAH à vous, je peux vous recevoir au cabinet ou en visio .

Pourquoi le TDA/H est souvent plus difficile pour les femmes

Le TDA/H n’est pas intrinsèquement plus grave chez les femmes que chez les hommes.

Mais le contexte biologique, social, relationnel et identitaire dans lequel il s’exprime rend souvent ses effets plus coûteux… et plus culpabilisants.

1. Une atteinte massive de la confiance en soi

Dès l’enfance, les femmes sont plus exposées aux injonctions à :

  • bien se tenir
  • ne pas déranger
  • être sérieuses, appliquées, fiables
  • prendre sur elles

Il s’y ajoute les attentes de l’école : rester assis sur une chaise pendant des heures à écouter un professeur est contre nature pour tous les enfants ! Avec un TDAH, cela peut devenir une torture.

Chez une fille avec TDA/H, ces attentes familiales, sociétales et scolaires entrent en conflit avec son fonctionnement réel : distraction, dispersion, impulsivité, agitation, humeur fluctuante…

👉 Résultat :

  • des critiques répétées (parents, enseignants, entourage), auxquelles peut s’ajouter l’échec scolaire
  • une internalisation de la faute : « c’est moi le problème »
  • une estime de soi fragilisée, parfois très tôt

À cela s’ajoute souvent une hypersensibilité émotionnelle, fréquente dans le TDA/H, qui rend les remarques, les échecs et les tensions relationnelles encore plus impactants.

2. L’instabilité émotionnelle et hormonale : un angle mort majeur

Le fonctionnement attentionnel et émotionnel des femmes est fortement influencé par les hormones :

  • puberté
  • cycles menstruels
  • grossesses / post-partum
  • périménopause et ménopause

Les fluctuations d’œstrogènes (hormone plutôt stimulante /excitante) et de progestérone (apaisante) influencent directement la concentration, l’impulsivité,

la régulation émotionnelle. la tolérance au stress.

👉 Chez les femmes avec TDA/H, ces variations amplifient fortement :

  • l’instabilité de l’humeur
  • la fatigue mentale
  • l’irritabilité
  • la vulnérabilité émotionnelle

Or, ce lien hormones–TDA/H est encore peu reconnu et peu traité, ni par les psychiatres, ni par les gynécologues. Beaucoup de femmes traversent donc ces périodes sans accompagnement adapté, alors qu’il existe pourtant des pistes thérapeutiques hormonales (notamment à la ménopause) et psychiques (antidépresseurs adaptés au syndrome prémenstruel, cette hypersensibilité avant et au début des règles).

Les difficultés sont bien sûr renforcées lorsqu’il y a des pathologies spécifiques comme l’endométriose.

3. L’absence ou l’erreur de diagnostic

Les femmes présentent souvent un TDA/H sans hyperactivité visible : elles sont dites rêveuses, «dans la lune».

Peu perturbatrices, elles passent inaperçues à l’école… contrairement aux petits garçons hyperactifs qui bougent beaucoup et dérangent, de sorte qu’ils seront repérés, et pourront avoir un traitement adapté.

Pourtant, derrière cette façade discrète, les petites filles avec TDA peuvent souffrir en silence : 

  • concentration difficile
  • impression de lenteur, décrochage
  • sentiment d’infériorité
  • efforts constants pour « faire comme les autres »

À l’âge adulte, elles consultent souvent pour anxiété, dépression, épuisement ou burn-out.

👉 Le TDA/H est alors mal identifié, parfois pendant des décennies.

Le diagnostic arrive tard, souvent après 40 ans, parfois à la faveur d’une crise de vie ou d’une lecture éclairante.

Bonne nouvelle : il n’est jamais trop tard pour comprendre et ajuster.

4. Une inadéquation aux rôles féminins traditionnels

Le TDA/H féminin entre en friction directe avec des stéréotypes encore très présents :

  • femme douce, posée
  • organisée, régulière
  • capable de tout gérer sans se plaindre

Une femme impulsive, débordante, rêveuse ou hyperactive, qui sort du cadre voire le remet en cause, sera perçue comme excessive et inadaptée, là où un homme sera vu comme passsionné et original…

👉 Cette pression sociale renforce le sentiment d’anormalité et pousse beaucoup de femmes avec TDA/H à surcompenser, au prix d’un épuisement.

5. La double contrainte routine professionnelle + charge familiale

La routine est ambivalente pour le TDA/H :

un cadre peut aider à se canaliser

mais une routine rigide, répétitive, sans créativité ni reconnaissance devient toxique. 

Les femmes avec TDA/H ont besoin  d’un cadre en forme de carré aux bords arrondis : suffisamment de limites et de contraintes pour canaliser leur attention et leur énergie, avec assez de souplesse pour pouvoir s’exprimer.

Or, la vie familiale et domestique repose précisément sur :

  • des tâches répétitives
  • de l’anticipation
  • de la gestion administrative
  • une charge mentale continue

Malgré les évolutions sociétales, et même si les conjoints peuvent aider, la charge mentale pèse encore beaucoup sur les femmes, qui prennent souvent en charge les tâches administratives comme l’inscription des enfants à la crèche, à l’école, les vaccins, l’achat des fournitures… autant de tortures quand on a un TDAH. L’agitation créée par les enfants en bas âge peut également également créer une saturation sensorielle difficile à vivre.

👉 Sans soutien réel du conjoint, la femme avec TDA/H est particulièrement exposée :

  • au burn-out parental
  • au burn-out professionnel
  • à un sentiment chronique de débordement et d’échec

Vous vous reconnaissez dans certaines de ces particularités ? vous avez envie de mieux comprendre votre fonctionnement  pour valoriser votre potentiel et apprivoiser vos démons ? Un travail de thérapie ou un coaching adapté au TDAH peut vous le permettre.

Femme et TDA/H : ressources, potentiels et leviers d’évolution

Et si l’on cessait de regarder le TDA/H uniquement par le prisme du déficit ?

Car ce fonctionnement recèle des ressources puissantes, à condition de les reconnaître et de les structurer.

Une créativité à canaliser… et valoriser

La créativité est l’une des signatures majeures du TDA/H.

Elle repose sur une moindre inhibition cognitive : le cerveau filtre moins les idées « décalées ».

Conséquences :

  • associations originales
  • solutions inattendues
  • capacité à penser autrement

De plus, les multiples oublis, gaffes et situations improbables rencontrées au fil de la vie obligent souvent les personnes TDA/H à développer une ingéniosité pragmatique impressionnante. Quand on s’est souvent retrouvé à la porte sans ses clés, en voyage sans son passeport, ou sans son téléphone, on devient dégourdi et malin.

👉 La clé n’est pas de brider cette créativité, mais de l’apprivoiser :

  • noter les idées
  • différer les décisions
  • choisir consciemment lesquelles méritent d’être développées

Avec le temps, cette créativité peut devenir une véritable signature personnelle ou professionnelle, comme cette patiente de mon cabinet que ses collègues surnommaient “la poule aux idées d’or”. Encore faut-il :

1. Développer sa créativité de femme avec TDAH

    • Notez vos idées originales dans un petit carnet ou dans une appli sur votre téléphone… laissez venir vos idées sans les censurer. 
    • Pratiquez au moins un loisir créatif ou artistique : musique, peinture, danse, photographie…
    • Inspirez-vous de la vie de femmes originales, il existe de très beaux livres ou BD y compris pour fillettes, qui recensent des femmes d’exception souvent méconnues, dans tous les domaines :  science, politique, aventure, sport, voyage, arts etc. 

    2. Canaliser sa créativité de femme avec TDAH : 

    • Avant de lancer un projet basé sur votre toute dernière idée, laissez lui le temps de reposer, maturer, revenez-y quelques jours plus tard.
    • Après la phase de créativité, faites-vous l’avocat du diable, réfléchissez à tout ce qui pourrait ne pas marcher (et utilisez votre créativité pour résoudre ces nouveaux obstacles).
    • Apprenez à proposer vos idées avec prudence : ne les imposez pas comme étant l’idée de génie du siècle, vous provoquerez du rejet. Prenez plutôt une position un peu basse : “ j’ai une idée qui peut paraître un peu étrange, mais que penseriez-vous d’essayer ceci cela…”

    3. Une sensibilité fine… à protéger

    La sensibilité est un talon d’Achille du TDAH, mais aussi une ressource précieuse qui permet :

    • de capter les ambiances
    • de percevoir les signaux faibles
    • de sentir intuitivement l’état émotionnel des autres

    Elle favorise l’empathie, la profondeur relationnelle, la justesse humaine.

    👉 Mais sans apprentissage de limites, elle peut devenir envahissante.

    Le travail thérapeutique consiste souvent à :

    • apprendre à se protéger
    • distinguer ce qui nous appartient de ce qui appartient à l’autre
    • utiliser la sensibilité comme un radar, pas comme une éponge

    Apprenez à nourrir votre sensibilité en écoutant vos intuitions, en vous faisant confiance. Apprenez aussi à la canaliser en pratiquant l’écoute apaisée, attentive… pas toujours facile avec un TDAH ! Un travail de coaching peut d’ailleurs vous y aider. Votre empathie vous permettra alors d’aider les autres et d’être bientôt apprécié pour cette qualité.

    4. Une vie riche, intense, plurielle

    Le TDA/H nourrit la curiosité, l’envie d’explorer, de vivre plusieurs vies en une.

    Ajoutons à cela les expériences spécifiques de la vie féminine (maternité, cycles, transformations identitaires), et l’on obtient une existence dense et colorée. Porter un enfant, le mettre au monde, l’allaiter peut-être, sont des moments uniques qu’aucun homme ne connaîtra jamais. Il n’y a peut-être rien de plus précieux au monde. Autant reconnaître ces moments comme tels, au lieu de les vivre comme des fardeaux supplémentaires. 

    👉 Le défi est de résister à la tentation TDA/H d’empiler les engagements sans fin.

    Savoir ralentir à certains moments clés n’est pas un renoncement, mais un choix de présence. Il n’est peut-être pas nécessaire de lancer un nouveau projet professionnel ambitieux au moment de la naissance de votre enfant… ou alors soyez sûre de bénéficier d’un environnement aidant et notamment d’un conjoint soutenant. Il ne s’agit pas pour autant de renoncer à une carrière pour votre famille comme les femmes d’autrefois ! Faire les bons choix, en pleine conscience, vous permettra de mieux vivre votre vie de femme et votre TDA/H sans finir en burn out.

    5. La rébellion constructive : créer son propre cadre

    L’intelligence est souvent définie comme la capacité de s’adapter à son environnement, de choisir un environnement adapté à ses besoins, ou de façonner son environnement pour l’adapter à ses besoins. 

    Les petites filles avec un TDAH sont obligées de s’adapter à leur environnement, et comme on l’a vu cela peut être coûteux voir impossible. 

    Mais à l’âge adulte il leur deviendra possible de choisir un environnement adapté, ou de modifier leur environnement et ainsi de s’épanouir dans un cadre qui leur convient.

    Et justement le TDA/H est souvent associé à une tendance à remettre en cause l’ordre établi, à sortir du cadre.

    Cette rébellion devient précieuse lorsqu’elle permet de choisir un environnement compatible ou de le transformer.

    À l’âge adulte, vous n’êtes plus condamnée à subir :

    • un travail ultra-procédurier
    • une organisation rigide
    • un cadre qui nie votre fonctionnement

    C’est pourquoi beaucoup de femmes avec TDA/H choisissent le free lance, l’entrepreneuriat, des formes de travail plus souples

    👉 Attention cependant : trop de liberté peut aussi favoriser la dispersion.

    D’où l’intérêt d’un accompagnement spécialisé, pour créer un cadre suffisamment structurant… mais pas étouffant.

    En conclusion

    Vous n’êtes pas défaillante.

    Vous êtes différente, et cette différence a un sens.

    Apprivoiser votre TDA/H, c’est :

    • sortir de la culpabilité
    • cesser de lutter contre vous-même
    • transformer vos fragilités en leviers

    Avec un bon accompagnement, vous pouvez vous façonner une vie riche, conforme à vos besoins, et dans laquelle vous exprimerez votre créativité et vos qualités uniques. 

    👉 Vous n’avez pas à rentrer dans le moule.

    Vous pouvez créer votre cadre, à votre image.

    Pour bénéficier d’un tel accompagnement et valoriser votre potentiel unique de femme avec TDAH n’hésitez pas à prendre rendez-vous pour faire un premier bilan et explorer les pistes d’amélioration

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    ANNE GOUYON
    ANNE GOUYON

    Coach et thérapeute, je pratique les thérapies brèves systémiques et stratégiques selon l'Ecole de Palo Alto à La Tête Libre, à Paris et Antony. Je vous fais bénéficier de mon expérience de la relation d'aide et de l'accompagnement d'enfants, adultes et familles en difficulté scolaire et relationnelles.

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