Votre enfant vous inquiète ? Il n'est pas autonome, n'arrive pas à se lever ni à se préparer sans vous, encore moins à faire ses devoirs — sauf si vous êtes derrière lui ? L'emmener à l'école est un calvaire ? Et ne parlons pas de la douche ou du coucher…
Alors, vous êtes tenté d'en faire toujours plus pour lui, avec lui, à sa place même, pour l'aider… Pourtant c'est de pire en pire. Il rechigne encore plus malgré vos efforts, bientôt il n'ira plus du tout à l'école. Et vous voudriez l'aider encore davantage.
Bonne intention. Mais est-ce une bonne idée ? Est-ce une bonne façon de le rendre autonome ? Pour y réfléchir, voici la fable du bon jardinier.
Épuisé(e) de tout porter pour votre enfant ?
Ne restez pas seul(e). Thérapie familiale ou coaching parental · Cabinet La Tête Libre
Prendre rendez-vous1. La fable du bon jardinier
… dans un pays ensoleillé, un jeune et bon jardinier soucieux de la santé de ses plantes. Il avait un magnifique hibiscus aux couleurs splendides, qui pourtant, à la fin de l'été, se mit à dépérir. Ses feuilles commençaient à sécher, ses fleurs à s'incliner, il perdait ses couleurs. Il ne semblait plus pousser.
Inquiet, le bon jardinier multiplia les interventions. Il commença par le changer de pot pour lui donner plus d'espace. Il lui mit chaque semaine les meilleurs engrais issus du fumier de pur-sang. Il l'arrosait tous les jours, aspergeant ses feuilles pour qu'elles restent luisantes. Et bien sûr, il le taillait, coupait toutes les feuilles et tiges mortes qui auraient pu gêner sa croissance.
Et pourtant… sa fleur continuait de dépérir. Il était désespéré.
Alors, il se rendit chez un vieux jardinier expert dont il avait entendu parler, qui vivait au sommet d'une haute montagne et qui, paraît-il, pouvait faire des miracles pour toutes les plantes.
Il lui amena son hibiscus et lui raconta son histoire. « Je ne comprends pas, dit-il. J'ai pourtant tout fait. Je lui mets de l'engrais, je l'arrose, je le taille, je le rempote. J'élimine avec soin tous les petits insectes qui pourraient lui faire du mal. Je ne cesse de le surveiller pour être sûr qu'il va bien. Que devrais-je faire de mieux ? »
2. Ce que nous dit cette fable
Quand la solution devient le problème
Le jeune jardinier ne manque ni d'amour, ni de compétence, ni de bonne volonté. C'est justement l'excès de soins qui empêche la plante de recevoir ce dont elle a le plus besoin.
C'est l'une des idées centrales de l'approche de Palo Alto : face à une difficulté, nous essayons des solutions. Quand elles ne marchent pas, nous avons tendance à en faire plus de la même chose — plus d'aide, plus de rappels, plus de surveillance. Et ce sont parfois ces « tentatives de solution » qui finissent par entretenir, voire aggraver, le problème qu'elles cherchaient à résoudre.
Le message caché de l'aide permanente
Quand un parent se lève à la place de l'enfant, prépare son cartable, surveille chaque devoir, anticipe chaque difficulté, il envoie sans le vouloir un message implicite : « Je ne crois pas que tu en sois capable. »
L'enfant, de son côté, n'a plus l'occasion de se tromper, de chercher, de réussir par lui-même — donc de prendre confiance. Et plus il se sent incapable, plus il résiste, plus le parent intervient… Le cercle vicieux est installé. C'est ce que l'on appelle souvent aujourd'hui le phénomène des « parents hélicoptères ».
- Vous le réveillez plusieurs fois chaque matin
- Vous préparez ses affaires à sa place
- Vous restez à côté de lui pour les devoirs
- Vous répétez les mêmes consignes toute la journée
- Vous anticipez tous ses oublis
- Vous réglez ses conflits pour lui
- Vous vous sentez épuisé(e) et lui, démotivé
- Plus vous en faites, moins il en fait
Il n'y a aucune faute ici. Comme le bon jardinier, vous agissez par amour et par inquiétude. Le problème n'est pas votre intention, mais une boucle dans laquelle parent et enfant se sont retrouvés pris, chacun avec les meilleures raisons du monde.
Vous vous reconnaissez dans le jeune jardinier ?
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Prendre rendez-vous3. Comment laisser passer la lumière ?
Laisser passer la lumière, ce n'est pas abandonner la plante. C'est faire un pas de côté pour que l'enfant retrouve l'espace dont il a besoin pour grandir — quitte à ce qu'il trébuche un peu au passage.
- Faire un peu moins, progressivement, sur un point précis
- Laisser l'enfant vivre les conséquences (raisonnables) de ses oublis
- Exprimer votre confiance plutôt que votre inquiétude
- Remarquer et valoriser ce qu'il fait seul
- Redoubler d'efforts quand ça ne marche pas
- Faire à sa place « pour aller plus vite »
- Surveiller et contrôler en permanence
- Lui rappeler sans cesse ce qu'il n'arrive pas à faire
Ce changement est souvent plus difficile pour le parent que pour l'enfant : lâcher prise, c'est accepter de voir son enfant galérer un peu, et supporter sa propre inquiétude. C'est précisément là qu'un accompagnement peut faire la différence.
La thérapie parents-enfants et le coaching parental permettent d'identifier les « tentatives de solution » qui tournent en rond dans votre famille, et d'expérimenter concrètement, en quelques séances, d'autres façons de faire.
Vous pouvez aussi retrouver des pistes complémentaires dans nos articles sur les relations, conflits et communication en famille et la gestion des émotions.
Et vous, avez-vous déjà eu l'impression de « cacher le soleil » à votre enfant ? N'hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires.
Envie de retrouver un peu de légèreté — et de laisser votre enfant grandir ?
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